CES ÉMOTIONS QUI NOUS HABITENT

Les principales émotions sont  la colère,  la peur, la honte,  la tristesse, la joie. Je vous parlerai dans un prochain billet de chacune d’entres elles mais auparavant, parlons déjà de notre monde émotionnel.

Nous entendons souvent les termes « la gestion de vos émotions », ou encore « comment gérer vos émotions » ;  nous serions donc des gestionnaires de notre patrimoine émotionnel.

J’ai, il y’a plusieurs années, entendu un médecin me mettre en garde, me dire  « méfiez vous des émotions de vos patients », « n’allez pas trop là-dedans, on ne sait jamais », me révélant par la même sa vision de ce monde émotionnel ; monde à part, et dangereux selon lui !

Souvent aussi j’entends la distinction faite entre les « bonnes » et les « mauvaises » émotions, certaines seraient positives et d’autres négatives.

Cela montre l’image menaçante et parfois négative qu’ont les émotions. Il faudrait donc les classer, les gérer, s’en méfier et s’en distancier ! Et si nous y regardions de plus près ?

Les émotions ne sont ni positives, ni négatives, elles SONT. Elles existent et appellent à être entendues. Elles nous appartiennent et nous informent sur notre réalité intérieure.

Nos sensations -physiques- nous informent de notre vécu corporel. Nous pouvons, grâce à nos sensations, répondre aux besoins correspondants : nous avons froid, nous pouvons ainsi nous couvrir ; nous avons soif, nous pouvons étancher notre soif…

Et bien, il en est de même pour nos émotions. L’émotion nous informe de la qualité de l’événement vécu, de son impact sur nous, sur notre réalité intérieure. A chaque émotion correspond donc un besoin. Nous pouvons et avons la responsabilité d’y répondre.

Il faut distinguer l’émotion de sa manifestation ; l’émotion est ce qui nous habite, elle est du même ordre que le sentiment. Parfois sa manifestation est inadaptée ; l’impulsivité ou l’agressivité liée à la colère peut être excessive, la crise de larmes est parfois embarrassante selon le moment, le lieu où elle survient… mais l’émotion en tant que telle est toujours légitime.

J’aime à voir les émotions comme des invités dans notre maison, nous  abritons en nous un ensemble de perceptions, de sensations, d’émotions, d’imaginations, de pensées.

Nous ne sommes aucune d’entre elles et toutes à la fois.

Nous définir au travers d’une seule émotion ou d’une seule pensée serait réducteur pour l’être que nous sommes. Donc nous voilà « contenant » de tout ce qui nous constitue.

Les émotions sont donc des invités en nous, et nous sommes leur hôte.

Il est nécessaire d’en prendre conscience, de les accueillir, de nous mettre en lien avec elles, de leur proposer notre attention et notre bienveillance. Ne sommes-nous pas parfois ignorant, négligeant, méprisant, rejetant de ce qui nous habite ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette relation bienveillante nous permet de rester maître chez nous tout en tissant un lien chaleureux et apaisant avec notre monde émotionnel.

Les neurosciences ont démontré que les émotions douloureuses non entendues chez le petit enfant vont persister, vont rester en l’état en quelque sorte, la colère, la tristesse resteront intactes, non transformées. Et c’est ainsi que nous pouvons –adultes comme enfants-  stocker, accumuler, rester fixé sur certaines émotions, sur certains événements que nous ne pouvons pas digérer, intégrer.

Si, au contraire, l’adulte entend les émotions de l’enfant, les reconnait, répond au besoin correspondant, alors l’activité cérébrale reprend son cours dans toute sa diversité. Et il en est de même pour l’adulte qui devient alors son bon parent intérieur.

Ecouter avec bienveillance ce qui nous habite, nous relier à nous même, c’est prendre conscience de nos besoins émotionnels, et permettre  que nos émotions passent leur chemin, repartent comme elles sont venues et soient remplacées par d’autres contenus, d’autres émotions ou d’autres pensées, imaginations, sensations…

Et ce mouvement est le mouvement de la vie… Ainsi est le moment présent, changeant et vivant !

Voilà ce qui se passe -entre autre- chez le psy : renouer avec vos émotions, celles du moment présent mais aussi celles de votre enfance ; apprendre à savoir qu’en faire, en prendre conscience, les accueillir, y répondre et permettre à votre vie de s’enrichir, instant après instant, de gouter  à l’instant présent, et retrouver votre liberté d’être…